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Chien Loup de Saarloos
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Histoire du Chien loup de Saarloos
 
Historique (1937-1960): de l’hybride F1 aux chiens loup d’utilité

Lendeert Saarloos choisit comme fondateurs de la race une louve européenne de la branche sibérienne « Fleur », acheté au zoo Blijdorp de Rotterdam et un berger prussien dénommé Gérard von Fransenum (Axel von Stuberstein x Wotan’s Irmhild) dont les qualités utilitaires de la lignée étaient reconnues.
Une première portée naquit au printemps 1936 mais fut atteint de la maladie de Carré, L.Saarloos refusant de recourir aux vaccins et aux soins, persuadés des qualités de résistances de ce type de croisement. L’ensemble des chiots périt donc en quelques jours.

En 1937, L.Saarloos fit une seconde portée d’où naquit deux femelles grises (« Pittha » et « Fleurie ») et un mâle qui décéda lui aussi de maladie. Enfin, en 1938, une troisième portée vit la naissance de « Barré », premier mâle qui servit de base à la race. A compter de ce chiot, Lendeert Saarloos savait qu’il détenait le potentiel pour élaborer sa sélection et commença la reproduction
En 1939, il croisa d’abord à nouveau Gérard(fondateur) avec Fleurie (F1) et obtint Largo et Kaja qui fut le premier Saarloos brun de forêt. Puis en 1940, il ajouta du sang de berger prussien en croisant Dela (BA, fille de Gérard) et Largo (F2, portée 1939) et la même année, reproduira Barré (F1, portée 1938) avec Fleurie (F1, portée 1937). De ces portées, Saarloos fit des observations et retira de la reproduction les chiots qui ne lui semblaient pas apte à l’utilité (notamment ceux ayant gardé l’instinct de fuite du loup). De ces deux portées, il convient de retenir Tarzan (F3) qui resta dans les programmes de reproduction. En 1941, il croisa Max (berger allemand d’origine prussienne, fils de Gérard) avec Pittha (F1, portée 1937) puis Fleurie (F1, portée 1937).
L’ensemble des chiots fut considéré avec une forte impression tant sur le plan physique (hauteur, ossature, pelage, allure.) que sur le plan des qualités psychiques (caractère doux, très « prussien ») et commença la formation utilitaire, notamment de chien policier.

Convaincu des bonnes caractéristiques de ces chiens, il baptisa sa race « Chien loup européen » et fit une demande d’admission au Livre des Origines Néerlandais auprès des instances de son pays. Cette demande fut rejetée en partie de par « l’homme et son originalité » que de par « le lobbying du Club des Bergers Allemands ». La raison officielle fut celle de l’hétérogénéité de la race et de l’absence d’aptitudes au dressage. Saarloos intéressa donc des Chien loup européen Saarloos en pistage, chien d’aveugle et de défense qui donna quelques résultats, d’autant que certains chiens furent produits par des éleveurs autres que Lendeert Saarloos et mieux socialisés. L.Saarloos créa une école de dressage de chien guide d’aveugle à Dodrecht et entrepris de démontrer les aptitudes de sa race.

Il fit également appel à un généticien, L.Hagendoorn, afin de maîtriser les consanguinités importantes de son élevage et qui permit à L.Saarloos de poursuivre sa sélection. Le rôle de ce docteur fut très important dans la préservation de la race en aidant Saarloos à empêcher le « dégénérescence » qui menaçait le cheptel.

Historique (1960 à nos jours): du retour du loup au Chien Loup de Saarloos

L.Saarloos continua son élevage et se trouva confronté à la nécessité d'amener une diversification du patrimoine génétique. L'histoire ne permet pas de connaître précisément le nombre de loups utilisés par L. Saarloos dans la construction du chien loup européen mais l'hypothèse la plus sérieuse reste que ce dernier n'utilisa de facto qu'une seule louve complémentaire à Fleur (Fleur II) et qui porta en 1963. Les autres hypothèses tels l'utilisation d'un loup noir du Canada ou des croisements supplémentaires et divers (Loups, Husky de Sibérie) nous paraît relevé bien plus d'une histoire " légendée " que d'un relevé historique du travail de L. Saarloos, aucun fondement ne permettant d'approuver ces hypothèses pourtant répandues…

Ce croisement avec Fleur II fut cependant pour L. Saarloos un semi-échec dans le sens où il donna en fait un exit à ses amis faisant valoir et prévaloir une esthétique lupoïde au détriment du principe même de l'élevage de L.Saarloos qui était une sélection par le caractère et l'utilité. La descendance avec Fleur II en 1963 a eu de plus pour conséquence un renforcement de l'instinct de fuite caractéristique du loup.

Ce renforcement annihila les derniers espoirs de L.Saarloos dans le caractère utilitaire de sa race d’autant que sa seconde demande de reconnaissance au Livre des Origines était à nouveau rejetée. Le dressage des Saarloos comme guide d’aveugle cessa dans les années 70 à la mort du créateur et le Chien Loup Européen devint un animal de compagnie, standardisé en tant que tel.
L.Saarloos décéda en 1969, convaincu probablement que sa race ne lui survivrait pas. Il a fallu le courage de Mme Saarloos et de sa fille Marijke pour sauver les Chiens loups de Saarloos et reconstruire avec quelques passionnés cette race. En 1975, la race est enfin reconnue par le Conseil d’Administration Cynologique Néerlandais avant d’être inscrite quelques années plus tard au Registre puis par la FCI et prends le nom de son créateur : Chien loup de Saarloos. Le Standard est rédigé en prenant Zaska Vvan de Kilstroom comme modèle.
Le premier Chien loup de Saarloos est importé en France par Mme Patricia Wartelle au début des années 90. A ce jour, les effectifs du Saarloos restent restreints et la diffusion limitée. Le Berger Hollandais Club de France gère la race (BHCF / rubrique club et liens) Trente naissances ont eu lieu en 2003 inscrits au Livre des Origines Française.

Conclusion

L.Saarloos a créé un chien aux qualités naturelles indéniables. Beaux, puissants, affectueux, le Saarloos est à l’image de sa création. Original dans le monde canin. Mais sans utilité. Il est simplement le reflet de l’esthétique sauvage et de la passion de quelques-uns.

Son aspect et son comportement lupoïde marque l’échec de l’idée originelle de son créateur mais le Chien loup de Saarloos a aujourd’hui dépassé son maître. Son créateur. Le Saarloos est devenu Un. Il est Lui. Il vit désormais par lui même. Et ses passionnés l’ont compris. Puisse notre société lui laisser une place au coeur des hommes et du monde canin.
 



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